Le sport : un outil au service de la hiérarchisation des sexes
Il y a quelques années, certains analystes regardaient le développement fulgurant de l’attrait pour le sport dans nos sociétés contemporaines – et notamment pour le football – comme un signe de « tiers-mondialisation » des sociétés post-industrielles. D’autres y voyaient un double signe de réenchant...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/sextant, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Sextant
2024
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Il y a quelques années, certains analystes regardaient le développement fulgurant de l’attrait pour le sport dans nos sociétés contemporaines – et notamment pour le football – comme un signe de « tiers-mondialisation » des sociétés post-industrielles. D’autres y voyaient un double signe de réenchantement et de retribalisation d’un monde soumis à la pression insupportable de la rationalisation et de l’individualisme triomphant. Aujourd’hui un consensus semble se faire jour en effet autour de cette idée : nous aurions besoin de nous rassembler de plus en plus souvent, de forger cet « être-ensemble » conceptualisé par Alfred Schütz, de partager des émotions d’autant plus fortes qu’elles sont inversement proportionnelles à l’importance réelle de leurs causes. Comme l’indique la propriété virilisante du culte footballistique, ou dévirilisante de son rejet, il agit comme un marqueur de genre mais aussi comme un marqueur d’espèce : il signifie aux hommes qu’ils appartiennent au même ensemble humain, et que l’humanité se suffit de leur contribution. Par lui, l’andros couvre à lui seul le spectre de l’anthropos. Un tel culte célèbre l’inessentialité des femmes, le caractère secondaire et dérivé de leur adhésion. Leur absence n’empêche nullement le culte de s’accomplir, et leur présence est accessoire et non nécessaire. |
|---|