« Ça n’est pas la justice  », Ian Tomlinson, échec institutionnel et politique médiatique d’indignation

Cet article contribue à la recherche en sociologie du scandale et montre comment les journaux nationaux, et plus particulièrement les éditoriaux, orientent le débat public vers la responsabilité policière et les erreurs judiciaires. Dans de précédents travaux, nous avons analysé la façon dont les jo...

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Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/semen,
Prif Awduron: Greer, Chris, MCLaughlin, Eugene
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Semen 2021
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:Cet article contribue à la recherche en sociologie du scandale et montre comment les journaux nationaux, et plus particulièrement les éditoriaux, orientent le débat public vers la responsabilité policière et les erreurs judiciaires. Dans de précédents travaux, nous avons analysé la façon dont les journaux ont couvert et traité le maintien de l’ordre lors du sommet du G20 à Londres en 2009, et le décès de Ian Tomlinson (Greer et McLaughlin, 2010). Nous étudions dans cet article l’étape suivante de l’affaire Ian Tomlinson. Notre sujet porte sur la controverse suscitée par la décision du Service des poursuites judiciaires de la Couronne (Crown Prosecution Service) de ne pas poursuivre le policier fi en train de frapper Tomlinson peu avant qu’il ne s’effondre et décède. Nous montrerons comment la couverture sans relâche par la presse des défaillances institutionnelles commença par cibler le service de police du Grand Londres (Metropolitan Police Service), avant de s’étendre à tout un réseau d’institutions judiciaires pénales. L’affaire Tomlinson offre un aperçu de la nature changeante des relations entre la presse britannique et le pouvoir institutionnel. Il s’agit ici d’un exemple paradigmatique d’une forme politiquement ambitieuse de « journalisme d’attaque  », dont la portée s’étend au-delà du système de justice pénale. Dans un marché de l’information et de la communication versatile, la méfiance des journalistes à l’égard du pouvoir institutionnel est à l’origine d’une « politique médiatique d’indignation  », qui se caractérise par une « amplification du scandale  ».