Approcher l’expérience des jeunes incarcérés en maison d’arrêt à travers l’espace-temps nocturne

Cet article explore la nuit carcérale dans un « quartier mineurs » de maison d’arrêt, un espace-temps méconnu et souvent délaissé par les recherches en sociologie carcérale. À partir d’une enquête ethnographique immersive de six mois, combinant observations participatives, entretiens semi-directifs...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/sejed,
1. autor: Jaëgle, Lola
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Sociétés et jeunesses en difficulté 2025
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:Cet article explore la nuit carcérale dans un « quartier mineurs » de maison d’arrêt, un espace-temps méconnu et souvent délaissé par les recherches en sociologie carcérale. À partir d’une enquête ethnographique immersive de six mois, combinant observations participatives, entretiens semi-directifs et la mise en place d’un outil innovant (carnets de nuit), il analyse les dynamiques nocturnes vécues par une dizaine de mineurs incarcérés. La nuit carcérale apparaît comme une période ambivalente. D’un côté, elle amplifie l’isolement et les angoisses des jeunes, en favorisant une introspection douloureuse sur leur condition et leur parcours de vie. De l’autre, elle constitue un espace d’échanges et de transgressions, où les détenus mineurs redéfinissent leur quotidien carcéral par des rituels, des interactions codifiées et une organisation propre. Ces pratiques nocturnes révèlent un paradoxe : la fermeture des cellules, en réduisant la présence des surveillants, ouvre un espace d’autonomie pour les mineurs, leur permettant de s’approprier cet espace-temps hors du contrôle institutionnel direct. L’étude met en lumière les tensions que cette autonomie nocturne engendre pour les professionnels de jour, dont les ambitions éducatives sont fragilisées par une réorganisation carcérale qui accentue la séparation entre temporalités diurnes et nocturnes. En interrogeant la nuit comme espace essentiel de l’expérience pénitentiaire juvénile, cet article souligne les enjeux éducatifs et sociaux liés à cette dimension souvent ignorée de l’enfermement.