Aux marges de l’emploi et du travail public. Les agents stables mais non certifiés par concours dans un musée

À partir d’une ethnographie sociohistorique conduite dans un muséum d’histoire naturelle français, cet article étudie les rapports à l’institution et au travail de personnels permanents de la fonction publique territoriale qui, en CDI ou fonctionnaires, ont en commun d’exercer des missions qualifiée...

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Enregistré dans:
Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/sdt,
Hovedforfatter: Mesclon, Anna
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Sociologie du travail 2025
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:À partir d’une ethnographie sociohistorique conduite dans un muséum d’histoire naturelle français, cet article étudie les rapports à l’institution et au travail de personnels permanents de la fonction publique territoriale qui, en CDI ou fonctionnaires, ont en commun d’exercer des missions qualifiées et d’avoir dérogé à la norme du recrutement par concours. Une première partie réinscrit cette norme dans les transformations des muséums de province au tournant du XXIe siècle. Puis, en partant de l’analyse de leur trajectoire, nous montrons que les agents sans concours de ce musée ont, par contraste avec leurs collègues ayant passé un concours, une propension commune à se positionner aux marges de l’institution. D’abord, ils affichent une même difficulté à s’identifier à un groupe en son sein. Ensuite, ils tendent à investir des tâches en phase d’essor ou de déclin, dont la réalisation est peu codifiée et la situation incertaine, loin des territoires d’activité provisoirement « routinisés » au musée. En s’intéressant à l’histoire d’une organisation et à celle de ses agents sous l’angle du concours, cette monographie propose une analyse renouvelée de la dualité de l’emploi public, par-delà le clivage entre titulaires et non-titulaires. Tout en soulignant, sur le plan des conditions d’emploi, les inégalités de traitement nichées derrière la gestion dite individualisée des carrières publiques, elle montre comment, sur le plan des identités professionnelles et du travail, les agents pérennisés qui n’ont pas suivi la voie type du concours travaillent l’institution du dedans, en l’investissant par ses frontières.