De l’usine intégrée au Jumeau Numérique : socio-histoire des prospectives françaises de l’industrie du futur (1980-2020)

L’article analyse l’évolution historique d’un discours technocratique présentant les « nouvelles technologies » comme le ressort d’une « révolution industrielle » au visage humain. En suivant les traces de cet ensemble d’énoncés dès les années 1980 et jusqu’aux annonces contemporaines de l’industrie...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/sdt,
Hoofdauteur: Saraceno, Marco
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Sociologie du travail 2024
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:L’article analyse l’évolution historique d’un discours technocratique présentant les « nouvelles technologies » comme le ressort d’une « révolution industrielle » au visage humain. En suivant les traces de cet ensemble d’énoncés dès les années 1980 et jusqu’aux annonces contemporaines de l’industrie 4.0, on met en évidence un dispositif rhétorique récurrent. Celui-ci consiste à présenter les nouveaux systèmes automatisés comme le support de l’autonomie au travail. En identifiant une cyclicité de ce type de discours dans l’histoire de l’industrialisation, l’article analyse les raisons sociologiques sous-jacentes de cette rhétorique. Cet ensemble d’énoncés est mobilisé afin d’engager les décideurs industriels (ingénieurs et chefs d’entreprises) dans le développement et l’exploitation de systèmes d’automatisation. Ils apparaissent dans des phases historiques dans lesquelles l’industrialisation est justement « critiquée » pour son impact sur l’autonomie des travailleurs. De la sorte, ces discours mobilisent l’image de technologies qui, tout en étant parfaitement automatiques, « remettent l’homme au cœur de la production ». Le concept de « jumeau numérique » porté par l’idée d’un système complexe, regroupant opérateurs humains et machines, qui deviendrait « conscient » de son fonctionnement par la confrontation avec son « double » virtuel, apparaît comme le dernier avatar de cette rhétorique.