Sport et VIH-sida : de l’exclusion des séropositifs à l’accompagnement des « malades »

Dans les années 1980, l’épidémie de sida inquiète l’univers sportif. Alors que la plupart des fédérations mettent en place des réglementations et procédures d’hygiène visant à sécuriser l’espace sportif, le mouvement sportif lgbt (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans) dénonce les logiques d’exclusion et te...

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Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/sds,
Auteurs principaux: Perez, Mélanie, Ferez, Sylvain
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Sciences de la société 2019
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Dans les années 1980, l’épidémie de sida inquiète l’univers sportif. Alors que la plupart des fédérations mettent en place des réglementations et procédures d’hygiène visant à sécuriser l’espace sportif, le mouvement sportif lgbt (Lesbiennes, Gays, Bi et Trans) dénonce les logiques d’exclusion et tente de créer les conditions de l’inclusion des personnes séropositives dans les événements qu’il organise. Malgré cette volonté inclusive impulsée au plan international par la Fédération des Gay Games (fgg), au niveau national le sport lgbt n’est pas épargné par l’épreuve du sida, et les risques de stigmatisation qu’il sous-tend. Au milieu des années 1990, la découverte de traitements thérapeutiques efficaces change la donne, provoquant une rupture. L’infection au vih est alors requalifiée comme « maladie chronique ». Les politiques de santé publique se saisissent de l’activité physique et sportive, et l’utilisent comme levier d’action. Les associations de lutte contre le vih et d’accompagnement des personnes séropositives prennent alors le devant de la scène pour relayer les incitations à la pratique de l’activité physique ou du « sport-santé ». L’objet de l’article est d’étudier cette bascule conduisant de la mise en visibilité sociale d’une pratique sportive fondée sur le désir de lutter contre la stigmatisation d’une communauté, à l’essor d’une activité physique visant l’accompagnement socio-sanitaire d’individus faiblement dotés en ressources sociales, économiques et matérielles, ou qui ne sont pas disposés à les utiliser.