Marche-loisir et marche-déplacement : une dichotomie persistante, du romantisme au fonctionnalisme
Au début du xxie siècle, des chercheurs, des écrivains, des journalistes et des urbanistes proclament le renouveau de la marche à pied, mais leurs représentations positives de celle-ci renvoient essentiellement à l’activité de promenade, ou marche-loisir, par opposition à la mobilité pédestre utilit...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/sds, |
|---|---|
| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Sciences de la société
2019
|
| Témata: | |
| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Au début du xxie siècle, des chercheurs, des écrivains, des journalistes et des urbanistes proclament le renouveau de la marche à pied, mais leurs représentations positives de celle-ci renvoient essentiellement à l’activité de promenade, ou marche-loisir, par opposition à la mobilité pédestre utilitaire, ou marche-déplacement, qui reste sous-représentée. Cette dichotomie se met en place à la Renaissance lorsque l’État prend en charge la voirie publique avec l’objectif d’améliorer la circulation des véhicules, tandis que l’aristocratie développe l’art de la promenade dans des espaces privés. Le Romantisme illustré par Rousseau convertit ensuite l’ensemble des espaces ruraux en territoires où la marche permet l’épanouissement de l’individu, dans l’harmonie entre le corps, l’esprit et la nature. En ville, l’activité sociale de la promenade se démocratise dans les jardins devenus publics, avant de donner lieu à une exploitation marchande dans les Passages, puis devant les vitrines des Grands Magasins, dans les shopping malls et enfin dans les rues piétonnes des centres anciens. Avec l’urbanisme fonctionnaliste, dans une voirie modelée pour le transport mécanisé, la marche-déplacement devient complètement subordonnée, inconfortable et inopérante, alors que la marche-loisir bénéficie d’un système de sentiers de randonnée qui évite au maximum le réseau de circulation générale. Ainsi, l’enjeu du développement de la marche ne se situe pas dans les territoires du loisir que sont les espaces verts ou les centres touristiques et commerçants, mais dans le manque d’infrastructures et de politiques de déplacement pédestre dans les espaces majoritaires de la ville contemporaine, et notamment les banlieues. |
|---|