Le consommateur responsable

Cette contribution propose de discuter la thèse de la mise au travail du client, développée en France par Marie-Anne Dujarier, ou celle de l’avènement d’un prosumer, qui constitue son équivalent anglo-saxon. À partir de l’analyse ethnographique des cadrages et des pratiques d’un mouvement militant v...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/sds,
Auteur principal: Dubuisson-Quellier, Sophie
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Sciences de la société 2015
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Cette contribution propose de discuter la thèse de la mise au travail du client, développée en France par Marie-Anne Dujarier, ou celle de l’avènement d’un prosumer, qui constitue son équivalent anglo-saxon. À partir de l’analyse ethnographique des cadrages et des pratiques d’un mouvement militant visant à responsabiliser le consommateur, nous montrons que dans ce discours critique la construction de la réflexivité du consommateur nécessite de mettre au jour non pas sa contribution excessive au travail productif, mais précisément sa trop grande passivité. Les mouvements enquêtés vont alors s’attacher à remettre les consommateurs au cœur des processus économiques notamment à travers leur mise à contribution aux activités de production et de distribution. Ces résultats nous permettent de revenir sur la thèse de la mise au travail du consommateur pour insister sur la nécessaire prise en compte des formes de cette contribution et leur réinscription dans les rapports de force au sein des systèmes économiques. Nous défendons alors l’argument selon lequel, cette « mise au travail des consommateurs » ne peut être interprétée comme le signe d’une évolution profonde des économies libérales. Au contraire, elle doit être considérée comme consubstantielle à la relation d’échange qui, elle-même, suppose des formes d’engagement et de contribution entre les deux parties. Dès lors, la question qui nous semble devoir être explorée devient plutôt celle des variations possibles dans la capacité des consommateurs à négocier les termes de leur contribution.