Du verbe au Verbe. Considérations sur le renouveau de l’enseignement à Byzance au ixe siècle
Curieusement, l’expression qui dans l’Antiquité (ἐγκύκλιος παιδεία ou παίδευσις) désigne habituellement ce que nous appelons la « culture générale » n’a pas trouvé place dans les œuvres de Photios. Que ce dernier se soit intéressé à la littérature ecclésiastique n’a rien de surprenant : il n’a pas m...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/rursus, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Rursus
2012
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Curieusement, l’expression qui dans l’Antiquité (ἐγκύκλιος παιδεία ou παίδευσις) désigne habituellement ce que nous appelons la « culture générale » n’a pas trouvé place dans les œuvres de Photios. Que ce dernier se soit intéressé à la littérature ecclésiastique n’a rien de surprenant : il n’a pas manqué de proclamer que sa vocation véritable était de se faire moine. Attaché à l’iconodoulie, il traversa les dures épreuves de l’exil sous l’empereur iconoclaste Théophile. Le rétablissement de l’orthodoxie en mars 843 l’obligea à revêtir une fonction de haut rang, celle de prôtasecretis, à une date qu’il est malheureusement impossible de fixer, mais Photios exerça sûrement, en parallèle avec les tâches qu’il devait au Palais, le métier d’enseignant, à titre privé. Ses rares confidences font état d’un « chœur » de ses élèves, organisé par niveaux : formation générale, études de philosophie et Saintes Écritures. Naturellement, quand il fut élevé au Patriarcat, il dut renoncer à l’enseignement qu’il dispensait, au moins sous sa forme traditionnelle. Conservé, mais pas encore publié intégralement, le Lexique de Photios relevait sûrement de ce versant de ses activités. Plus vaste monument de la critique littéraire au Moyen-Âge, la Bibliothèque pose une foule de problèmes, notamment celui de la date de rédaction. On doit renoncer à l’idée, issue d’une mécompréhension de la lettre-préface, que la composition de l’œuvre est liée à une ambassade menée par Photios, qu’aucun document contemporain n’a jamais évoquée. En réalité, devenir patriarche signifiait aussi intercéder (πρεσβεύειν) auprès des Arabes pour tous ceux qui ont la foi, mais aussi renoncer au « cercle de lecture » auquel appartenait Tarasios, son frère. Après tout, l’enseignement pouvait se prodiguer sous d’autres formes, notamment épistolaire. C’est, au moins partiellement, l’origine de l’ensemble Épîtres-Questions à Amphilochios. L’Empire sortait d’une crise grave qui avait fait craindre la fin d’un monde. Lorsqu’il engagea aux frais de l’État des professeurs pour la Magnaure, le César Bardas ne trouva qu’un seul grand nom, celui de Léon le Mathématicien. Le cercle de Photios n’a pas produit de savants de premier plan, à la différence de la génération suivante. La production d’un élève, l’empereur Léon VI le Sage, a sûrement inspiré les entreprises de Constantin VII le Porphyrogénète. |
|---|