Interprétabilité ou grammaticalité ? les listèmes comme interface entre sémantique et morphologie

La question de l’interface entre sémantique et morphologie est abordée en trois étapes. D’abord en montrant que si la sémantique a pour objet comme c’est le cas de rendre de la diversité des emplois des signes et de la façon dont ils sont associés interprétativement, elle inclut de fait la plupart d...

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Xuất bản năm:URI:https://journals.openedition.org/rsp,
Tác giả chính: Nemo, François
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: Revue de sémantique et pragmatique 2020
Truy cập trực tuyến:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Tóm tắt:La question de l’interface entre sémantique et morphologie est abordée en trois étapes. D’abord en montrant que si la sémantique a pour objet comme c’est le cas de rendre de la diversité des emplois des signes et de la façon dont ils sont associés interprétativement, elle inclut de fait la plupart des objets morphologiques. Ensuite que ce fait interroge avant tout la possibilité pour la morphologie de définir une sémantique autonome ainsi que les conceptions du sémantique parfois singulières qui ont pu y être défendues. Enfin en montrant que le listage de la plus grande partie du lexique, autrement dit le fait de le déclarer imprédictible, tient au seul fait que sa prédictibilité repose de part en part (polysémie, polycatégorialité, listèmes) sur son interprétabilité, qui elle-même repose in fine sur la satisfaction de contraintes sémantiques. Chacune des étapes donne lieu à des analyses détaillées, qui concernent notamment le caractère sémantiquement inacceptable d’un ensemble de postulats et de raisonnements considérés comme axiomatiques par beaucoup de morphologues, la nécessité d’abandonner la conception saussurienne pour une conception post-benvenistienne du signe, et, très longuement, la façon dont l’ensemble des listèmes du français qui comportent le morphème re-, de rechigner à rétorquer et de réciproque à rendre, s’avèrent prédictibles et sémantiquement interprétables par les mêmes mécanismes et hypothèses qui sont nécessaires pour rendre compte de non-listèmes apparents comme relire ou repousser. L’article conclut sur le fait que parce qu’ils sont interprétables et ne sont à ce titre jamais considérés comme mal formés, les listèmes, loin d’être des objets à ignorer et à apprendre un par un, constituent une fenêtre extraordinaire sur la réalité des mécanismes qui conduisent à la génération du lexique et de sa polysémie.