Camus postcolonial ?

Camus, « juste sans justice » selon Simone de Beauvoir, rêvant d’une Algérie fédérale et multiculturelle dans un système colonial assoupli, a suscité d’innombrables polémiques qui ne sauraient se réduire au débat avec Sartre, Fanon ou Memmi. Très tôt, Camus a été lu et traduit dans le monde anglopho...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/rsl,
Autor principal: Combe, Dominique
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Revue Sciences/Lettres 2014
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Camus, « juste sans justice » selon Simone de Beauvoir, rêvant d’une Algérie fédérale et multiculturelle dans un système colonial assoupli, a suscité d’innombrables polémiques qui ne sauraient se réduire au débat avec Sartre, Fanon ou Memmi. Très tôt, Camus a été lu et traduit dans le monde anglophone. E. W. Said, se référant à un essai du critique irlandais O’Brien, fait de Camus, comme « pied-noir », un porte-parole du discours colonial qui aurait ignoré la réalité de l’Algérie. Le philosophe Michael Walzer, qui inscrit Camus parmi les principaux représentants de la « critique sociale » au xxe siècle, montre au contraire, contre O’Brien, toute la complexité d’un discours qui, tenant compte des « sphères de justice », s’efforce de « négocier » les rapports entre l’exigence universelle de la justice et le particulier de l’« amour ». Camus doit ainsi être « lu d’ailleurs », entre le monde francophone et le monde anglophone, entre l’Algérie, la France et l’Amérique, conformément à la perspective postcoloniale ouverte par Said dans Culture et impérialisme.