Des paniques morales spontanées ? Le cas de la “rumeur d’Orléans”
Analysée par Edgar Morin et son équipe dans l’ouvrage du même nom, la célèbre rumeur d’Orléans (1969) est donnée par Goode et Ben-Yehuda (2009) pour l’exemple par excellence d’une panique morale spontanée. A partir de sources négligées par Morin, nous montrons qu’il a omis de prendre en considérati...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/rsa, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Recherches sociologiques et anthropologiques
2013
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Analysée par Edgar Morin et son équipe dans l’ouvrage du même nom, la célèbre rumeur d’Orléans (1969) est donnée par Goode et Ben-Yehuda (2009) pour l’exemple par excellence d’une panique morale spontanée. A partir de sources négligées par Morin, nous montrons qu’il a omis de prendre en considération l’impact potentiel probable de campagnes de lutte contre la traite des femmes menées depuis des décennies par quantité d’associations tant au niveau national qu’international. Nous en concluons que si cet exemple unique (chez Goode et Ben-Yehuda) de panique morale vraiment spontanée doit plutôt être appréhendé comme le résultat involontaire d’une croisade morale, il y a lieu de penser qu’aucune panique morale ne peut survenir sans qu’une croisade morale ne la précède. Nous plaidons donc pour inclure les moral panics studies dans l’ensemble plus large des recherches consacrées aux croisades morales. De facto, c’est ce que font déjà les nombreux analystes de paniques morales qui prennent pour objet privilégié les discours alarmistes des entrepreneurs de morale plutôt que les réactions supposément paniquées de segments significatifs des populations auxquelles ils s’adressent. Il s’agirait en somme d’aligner les objectifs déclarés sur les pratiques effectives. |
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