De la confiance dans le jugement professoral
Malgré les travaux montrant les limites de la note chiffrée comme reflet des performances scolaires de l’élève, celle-ci conserve une place centrale dans la vie scolaire, et notamment dans la construction du jugement professoral. Or, des travaux ont montré que la note ne se suffit pas à elle-même, m...
Spremljeno u:
| Izdano u: | URI:https://journals.openedition.org/rsa, |
|---|---|
| Glavni autori: | , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Recherches sociologiques et anthropologiques
2026
|
| Teme: | |
| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | Malgré les travaux montrant les limites de la note chiffrée comme reflet des performances scolaires de l’élève, celle-ci conserve une place centrale dans la vie scolaire, et notamment dans la construction du jugement professoral. Or, des travaux ont montré que la note ne se suffit pas à elle-même, mais fait l’objet d’une exégèse qui passe par la qualification de l’élève de ses attitudes et performances. Elle s’assortit de prescriptions et de commentaires. Cette tension entre objectivation et personnalisation questionne les mécanismes de la confiance dans les institutions tels qu’explorés jusqu’alors. Notre article analyse les conditions dans lesquelles la note opère comme un dispositif de confiance pour produire une catégorisation crédible de l’élève. En mobilisant les concepts de « dispositif de confiance » (Karpik, 1996) et de « reliance » (Quéré, 2024), nous analysons les usages de la note à partir de deux enquêtes ethnographiques menées en Belgique francophone. Nous mettons en exergue trois formes de rapport à la note scolaire (1) la reliance dans un dispositif impersonnel, (2) la confiance engagée dans un dispositif personnel et (3) le désengagement dans la note. Nous montrons que ces trois formes coexistent dans l’institution selon le statut des acteur·rice·s (élèves ou enseignant·e·s), la teneur de la note (son rapprochement d’avec la moyenne), et le rapport des acteur·rice·s à l’institution. Loin d’être un indicateur neutre, la note apparaît comme un objet socialement construit, dont la capacité à réduire l’incertitude varie selon les contextes et les acteur·rice·s. |
|---|