Accueillir la résistance
Les études animales comportant un volet de communication inter-espèces se concentrent souvent sur les individus les plus sociables envers les humains pour des raisons pratiques. Cette approche met en difficulté́ le projet de saisir la résistance animale et, en particulier, la conversation humain-an...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/rsa, |
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| 1. Verfasser: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Recherches sociologiques et anthropologiques
2025
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Les études animales comportant un volet de communication inter-espèces se concentrent souvent sur les individus les plus sociables envers les humains pour des raisons pratiques. Cette approche met en difficulté́ le projet de saisir la résistance animale et, en particulier, la conversation humain-animal qui peut naitre à l’occasion d’une situation conflictuelle. À cet égard, les chiens réactifs constituent un cas intéressant, car ils ne peuvent pas vivre en société́ en raison de leur agressivité́, mais ne peuvent pas non plus l’éviter du fait de leur condition d’animal de compagnie. En nous appuyant sur le cas des chiens souffrant d’anxiété́ généralisée, se manifestant par des comportements agressifs envers les humains et une incapacité́ à rester seuls, nous proposons d’étudier la cohabitation inter-espèces à sa limite, là où non seulement le conflit des volontés existe, mais surtout où il ne peut être ignoré. À cet égard, l’espace public est par excellence à la fois zone de rencontre et de conflit entre les individus et l’espace dans lequel les comportements de ces derniers laissent entrevoir leur vision du monde. Dans cet espace, il est notamment attendu du chien agressif qu’il se perfectionne et performe selon les attentes de la société́. Face à cette approche traditionnelle, le courant fear-free propose un projet accueillant au quotidien l’agentivité́ du chien, lui permettant de faire ses propres choix et créant de véritables discussions entre le chien et son gardien. L’agressivité́ est ici non seulement pensée comme une résistance qui se fait savoir, mais également comme un puissant levier d’écoute. Loin du mythe d’un retour au sauvage comme condition du respect inter-espèces, c’est dans un environnement urbain étroit et peuplé que l’humain aura le plus besoin de capacités extra-humaines pour pouvoir entendre, comprendre et répondre rapidement au chien. Cette écoute, qui implique nécessairement de s’intéresser au langage propre aux chiens, transforme les humains qui s’y engagent, renversant des évidences relevant du schème de la domination et de la performance. |
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