Croire et soutenir dans une économie morale de la suspicion

En France, la demande d’asile est inscrite dans une politique du soupçon qui entraine une remise en cause systématique de la véracité et de la crédibilité des récits des requérant·e·s. S’intéresser à l’asile LGBTI, c’est-à-dire à la demande de protection de personnes exilées en raison de leur orient...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/rsa,
第一著者: Beltran, Grégory
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Recherches sociologiques et anthropologiques 2025
主題:
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:En France, la demande d’asile est inscrite dans une politique du soupçon qui entraine une remise en cause systématique de la véracité et de la crédibilité des récits des requérant·e·s. S’intéresser à l’asile LGBTI, c’est-à-dire à la demande de protection de personnes exilées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, permet à la fois de mettre en avant la fragilité des critères – institutionnels et associatifs – d’authentification de ces récits et la force de cette politique du soupçon qui influence jusqu’aux formes de soutien. L’enjeu de cette recherche est de déplacer le regard de la construction de la catégorie du mensonge et des dispositifs de véridiction des institutions de l’asile, vers les effets de cette catégorie sur les pratiques de soutien destinées aux exilé·e·s LGBTI. L’article présente les modes de vérifications et les attentes des institutions de l’asile en ce qui concerne les preuves de l’homosexualité et de la transidentité. Il analyse ensuite les rapports complexes que les acteurs/actrices du champ de soutien aux exilé·e·s entretiennent avec cette catégorie du mensonge redéfinie par l’administration de l’asile, en fonction notamment de leur positionnement politique et moral dans ce champ.