Animal-matière versus animal-enfant

Un assez large accord existe parmi les sociologues et anthropologues qui travaillent sur les relations humains-animaux pour considérer qu’un « clivage », ou un « fossé » existe entre les animaux de rente, d’une part et les animaux de compagnie, de l’autre. Dans le vocabulaire de Stépanoff (2021 :10)...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/rsa,
Prif Awdur: Nizet, Jean
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Recherches sociologiques et anthropologiques 2025
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:Un assez large accord existe parmi les sociologues et anthropologues qui travaillent sur les relations humains-animaux pour considérer qu’un « clivage », ou un « fossé » existe entre les animaux de rente, d’une part et les animaux de compagnie, de l’autre. Dans le vocabulaire de Stépanoff (2021 :10), les premiers sont utilisés comme de la « matière », les seconds sont choyés comme des « enfants ». Cet article prend acte de ce clivage et entend en explorer la genèse. Empruntant une démarche socio-historique (Noiriel, 2006), il tente tout d’abord de reconstituer les trajectoires qu’ont connues ces deux populations d’animaux et de mettre le doigt sur le point de bifurcation : le moment historique où elles se sont séparées. Cette enquête socio-historique fait ensuite l’objet d’un travail de théorisation. Un double travail, descriptif et explicatif. En ce qui concerne la description, il s’agit de mieux saisir la distinction entre les deux populations. On retient ici essentiellement deux critères : l’un qui traite des similitudes versus des différences entre humains et animaux ; l’autre qui met en avant la proximité versus l’éloignement entre les uns et les autres. Pour ce qui est de l’explication de la bifurcation et des trajectoires, on retient l’hypothèse de l’in­fluence du capitalisme et plus précisément des différentes « forces de transformation » (Beaud, 2010) qui le constituent : la recherche du profit, les sciences et techniques, les idéologies, etc.