Le statut des consonnes flottantes dans la morphologie du verbe français depuis le Moyen Âge

Les verbes du français moderne dont les infinitifs se terminent par -ir, -oir ou -re font typiquement intervenir deux radicaux, un radical court et un radical long; p. ex. pour battre, les radicaux °ba (il bat) et °bat (qu'il batte). Cet article montre que le radical court à la 1sg du présent d...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/rlv,
Autore principale: Morin, Yves-charles
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Recherches linguistiques de Vincennes 2005
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Les verbes du français moderne dont les infinitifs se terminent par -ir, -oir ou -re font typiquement intervenir deux radicaux, un radical court et un radical long; p. ex. pour battre, les radicaux °ba (il bat) et °bat (qu'il batte). Cet article montre que le radical court à la 1sg du présent de l'indicatif s'observe très tôt dans certains dialectes de l'ancien français, bien avant qu'il n'est normalement admis. Deux mécanismes sont impliqués: une analogie traditionnelle sur le modèle de devoir pour les verbes du type recevoir, fondée sur l'identité phonique des terminaisons, et une généralisation à la pause de la forme de sandhi devant consonne, qui affecte d'abord les verbes dont les radicaux se terminent par plusieurs consonnes, comme pendre ou garder. Enfin, une autre analogie rend compte de ce qui constitue probablement la première forme de liaison du français: l'apparition d'un [z] après les formes du 1sg du présent de l'indicatif devant un mot à initiale vocalique, comme dans je ri z-et pleure. Dans de nombreux usages, ce [z] de liaison n'avait pas de contrepartie sourde à la pause; ainsi (je) ri se prononçait [ri], contrairement à (tu) ris qui se disait [ris].