S’aimer sous les yeux de l’État : les couples binationaux et le vécu du contrôle de la migration de mariage en France

Cet article explore l’impact du contrôle étatique de la migration de mariage sur les relations intimes et sociales des couples binationaux en France. Le dispositif de contrôle mis en place depuis le début des années 2000 inclut non seulement des procédures de plus en plus longues et onéreuses pour l...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/ris,
Hovedforfatter: Neveu Kringelbach, Hélène
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Revue de l’Institut de Sociologie 2019
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Cet article explore l’impact du contrôle étatique de la migration de mariage sur les relations intimes et sociales des couples binationaux en France. Le dispositif de contrôle mis en place depuis le début des années 2000 inclut non seulement des procédures de plus en plus longues et onéreuses pour la délivrance de titres de séjour aux conjoints venant de pays tiers à l’Union Européenne, mais aussi des enquêtes administratives ou policières sur la nature de la relation, qui peuvent se prolonger plusieurs années après le mariage. Si toute discrimination est illégale, les conjoints originaires de l’Afrique représentent, du point de vue de l’État, une immigration « subie » et non « choisie ». De ce fait, ces personnes sont particulièrement susceptibles d’être soupçonnées de fraude, c’est-à-dire d’être soupçonnées de décevoir leur conjoint français en prétextant l’engagement affectif dans le seul but de migrer, ou de régulariser leur statut s’ils vivent déjà en France mais en situation irrégulière. Le contrôle de la migration de mariage fait l’objet d’un nombre croissant d’études sur les institutions, mais il reste à éclairer de manière plus précise son impact sur les couples, notamment après le mariage. À partir de témoignages de couples binationaux, essentiellement franco-africains, cette contribution met en relief la manière dont les couples vivent ce contexte de soupçon généralisé.