Fabriquer un haut lieu. Aménagements, transformations et narrations du cimetière militaire italien de Bligny (1918-2023)

Bligny est le nom sous lequel est connue une nécropole militaire située près de Reims, contenant les sépultures de 3 450 soldats italiens décédés en France au cours de la Première Guerre mondiale. Ce cimetière italien est depuis l’entre-deux-guerres le lieu de nombreuses cérémonies patriotiques rend...

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التفاصيل البيبلوغرافية
الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/ris,
المؤلف الرئيسي: Lannoy, Pierre
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Revue de l’Institut de Sociologie 2026
الموضوعات:
الوصول للمادة أونلاين:Accès Université d'Orléans et IFPM
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الوصف
الملخص:Bligny est le nom sous lequel est connue une nécropole militaire située près de Reims, contenant les sépultures de 3 450 soldats italiens décédés en France au cours de la Première Guerre mondiale. Ce cimetière italien est depuis l’entre-deux-guerres le lieu de nombreuses cérémonies patriotiques rendant hommage aux défunts qui y reposent et célébrant les liens entre les nations italienne et française. Cependant, depuis sa création en 1919, son aménagement a sensiblement évolué, tout autant que les manières d’évoquer les défunts qui y reposent. Ainsi, notre contribution vise à comprendre les transformations de ce haut lieu mémoriel, mais aussi l’énigme qui entoure une partie de ses occupants, plongés dans l’oubli. En effet, environ un tiers d’entre eux sont morts en captivité alors qu’ils étaient forcés au travail par les Allemands à l’arrière de leur front, contrairement aux deux autres tiers tombés en service aux côtés des combattants français et britanniques ; pourtant, rien n’est dit à propos de ces victimes de la captivité. Dans cette perspective, le cimetière de Bligny constitue un cas fort intéressant pour étudier les mécanismes sociaux de la fabrication d’un haut lieu. D’un côté, l’histoire de son exhaussement symbolique ne se réduit pas à sa fondation originelle ; à plusieurs reprises, en effet, son agencement matériel et les narrations à son sujet vont se modifier, au gré d’événements et de transformations politiques plus larges. D’autre part, il montre que l’oubli est socialement produit, autant que peuvent l’être la mémoire ou l’histoire mobilisées à propos du lieu. L’article s’attache ainsi à identifier les différentes « économies de la hauteur » qui ont fait du cimetière de Bligny un haut lieu, par retouches matérielles et narratives successives.