Les langues d’enseignement, un enjeu politique
Pourquoi l’enseignement en basque progresse-t-il au Pays basque espagnol ? Parle-t-on encore malais à Singapour ? Qui étudie en français aujourd’hui en Algérie ? L’estonien est-il menacé en Estonie ? Pourquoi la France n’a-t-elle pas ratifié la Charte des langues régionales ou minoritaires ? Et en I...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/ries, |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Revue internationale d'éducation de Sèvres
2016
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| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Pourquoi l’enseignement en basque progresse-t-il au Pays basque espagnol ? Parle-t-on encore malais à Singapour ? Qui étudie en français aujourd’hui en Algérie ? L’estonien est-il menacé en Estonie ? Pourquoi la France n’a-t-elle pas ratifié la Charte des langues régionales ou minoritaires ? Et en Inde, pourquoi des parents choisissent-ils de scolariser leurs enfants en anglais ? Ces interrogations, parmi d’autres, émergent de la lecture du numéro 70 de la Revue internationale d’éducation de Sèvres consacré au choix des langues d’enseignement. Elles montrent qu’à l’évidence, ce choix est une question éminemment politique, qui dépasse largement le cadre des politiques éducatives. Les dix études qui composent ce dossier portent sur des contextes aussi différents que l’Algérie, le Burkina Faso, les Comores, l’Estonie, la France, l’Inde, le Paraguay, le Pays basque espagnol, Singapour, et la politique du Conseil de l’Europe. Elles font apparaître le constat suivant : aujourd’hui, le choix de la langue d’instruction n’est plus seulement le fait des pouvoirs publics ou des politiques officielles. Il subit désormais l’influence de facteurs et d’acteurs multiples, qui manifestent plus ou moins, selon les contextes, leur adhésion à une politique commune ou au contraire cherchent à la contourner. Des stratégies de différenciation sociale sont mises en place par des groupes aux intérêts divers, pour répondre aux enjeux du monde contemporain : employabilité et circulation professionnelle, obligation de résultats, privatisation et diversification de l’offre de formation, ou encore affirmation identitaire et reconnaissance de langues minoritaires dans la scolarisation. Partout l’arrivée en force d’acteurs nouveaux dans les débats, qu’il s’agisse des pouvoirs politiques régionaux, des parents, mais aussi des organisations internationales, change la donne, y compris au niveau des systèmes éducatifs. Why is Basque-language teaching on the increase in the Spanish Basque Country? Is Malay still spoken in Singapore? Who studies in French in modern-day Algeria? Is the Estonian language under threat in Estonia? Why has France not ratified the European Charter for Regional or Minority Languages? And, in India, why do parents choose English-language schooling for their children? These are some of the questions that emerge from the reading of Issue 70 of the Revue internationale d’éducation de Sèvres, which focuses on the choice of languages of instruction. They show that this choice is clearly an eminently political one, which goes well beyond the scope of educational policies alone. The 10 studies in this dossier cover contexts as diverse as Algeria, Burkina Faso, the Comoros, Estonia, France, India, Paraguay, the Spanish Basque Country, Singapore, and Council of Europe policy. They reveal that, today, the choice of language of instruction is no longer the prerogative of public authorities and official policies alone. It is also influenced by multiple factors and actors, which, to varying degrees, depending on the context, manifest their support for a common policy or, on the contrary, seek to circumvent it. Groups with diverse interests deploy strategies of social differentiation in order to respond to the issues of the modern-day world: employability and occupational mobility; the obligation to produce results; the privatization and diversification of training provision; or identity affirmation and the recognition of minority languages in school systems. Around the world, the influx of new actors in debates – whether they be regional-level public authorities, parents, or international organizations – is producing change, including within education systems. ¿Por que aumenta la enseñanza en vasco en el país Vasco español? ¿Aún se habla malayo en Singapur? ¿Quién estudia francés actualmente en Argelia? ¿El estonio está amenazado en Estonia? ¿Por que Francia no ha ratificado la Carta Europea de las Lenguas Regionales o Minoritarias? ¿Por qué hay padres en India que deciden escolarizar a sus hijos en inglés? Estas preguntas, entre otras, surgen de la lectura del número 70 de la Revue internationale d’éducation de Sèvres dedicada a la elección de las lenguas de enseñanza. Todas ellas demuestran que, por lo que parece, esta elección es una cuestión eminentemente política que supera ampliamente el marco de las políticas educativas. Los diez estudios que componen este dossier abarcan contextos tan distintos como los de Argelia, Burkina Faso, las Comores, Estonia, Francia, India, Paraguay, el País Vasco español, Singapur y la Política del Consejo de Europa. La constatación que surge de ellos es la siguiente: en la actualidad, la elección del idioma de instrucción no depende solamente de los poderes públicos ni de las políticas oficiales, sino que está sometida a la influencia de múltiples actores y factores que manifiestan, según los contextos, más o menos adhesión a una política común o, al contrario, intentan eludirla. Grupos con intereses distintos ponen en marcha estrategias de diferenciación social para responder a los retos del mundo contemporáneo: empleabilidad, y circulación profesional, obligación de resultados, privatización y diversificación de la oferta de formación, e incluso afirmación de la identidad y reconocimiento de las lenguas minoritarias en la escolarización. Por todas partes, la llegada masiva de nuevos actores a los debates, tanto poderes políticos regionales, como padres u organizaciones internacionales, ha cambiado la situación, y también a escala de los sistemas educativos. |
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