Maladies d’acteur. Théorie du jeu théâtral et littérature médicale au XVIIIe siècle

Dans La médecine de l’esprit, Antoine le Camus fait allusion à une anecdote antique où le jeu de l’acteur est utilisé comme terme de comparaison pour une « fièvre » capable d’inspirer « des délires ingénieux, des transports agréables & suivis » (deuxième édition, 1769). En prenant ses racines da...

Полное описание

Сохранить в:
Библиографические подробности
Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/rief,
Главный автор: Santis, Vincenzo De
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Revue italienne d’études françaises 2015
Предметы:
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Описание
Итог:Dans La médecine de l’esprit, Antoine le Camus fait allusion à une anecdote antique où le jeu de l’acteur est utilisé comme terme de comparaison pour une « fièvre » capable d’inspirer « des délires ingénieux, des transports agréables & suivis » (deuxième édition, 1769). En prenant ses racines dans la réflexion médicale antique, au XVIIIe siècle, l’analogie entre l’âme du comédien et l’esprit du malade s’avère particulièrement fréquente, notamment chez Sainte-Albine et Diderot. Plusieurs ouvrages – où théorie médicale et esthétique du jeu s’entremêlent – tendent justement à présenter l’acteur comme un individu à l’esprit instable : mélancolie et sensibilité y sont donc présentées comme des états pathologiques du corps et de l’esprit. En examinant les intersections lexicales et conceptuelles entre réflexion médicale et esthétique du récitatif, j’essayerai d’analyser les différentes significations que ces mélancolies d’acteur ont prises à l’âge des Lumières.