Montaigne commentateur de lui-même dans Les Essais
On ne saurait retirer à l’écriture des Essais son mouvement et son inachèvement, et substituer à cet ensemble souple une architecture immuable. Dans l’exemplaire de Bordeaux, un ajout manuscrit à la fin du chapitre « De la force de l’imagination » (I, 21) définit Montaigne comme celui qui « come »....
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| Τόπος έκδοσης: | URI:https://journals.openedition.org/rief, |
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| Κύριος συγγραφέας: | |
| Μορφή: | Article ou chapitre numérique |
| Γλώσσα: | Français |
| Έκδοση: |
Revue italienne d’études françaises
2018
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| Θέματα: | |
| Διαθέσιμο Online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Περίληψη: | On ne saurait retirer à l’écriture des Essais son mouvement et son inachèvement, et substituer à cet ensemble souple une architecture immuable. Dans l’exemplaire de Bordeaux, un ajout manuscrit à la fin du chapitre « De la force de l’imagination » (I, 21) définit Montaigne comme celui qui « come ». Qu’est-ce que « comer » à proprement parler ? Faire comme, passer d’une chose à l’autre, établir un pont entre choses semblables. Entre toutes ces postures fugaces, un « comer » instable, évanescent, infini. Accumulation de bribes de citations, Les Essais deviennent un livre à part entière, que l’on emporte avec soi, sur soi, contre soi. Le corps propre y apparaît par bribes éparses, toujours surprenantes et jamais arrêtées. Le tout n’est en rien un journal, comme on le dit parfois, mais un texte continu fait de diverses strates et de multiples rappels, un fleuve gros de détours et de subites résurgences. Nulle gratuité à cet étalage, mais une sorte d’impératif éthique : ce refoulé soudain exhibé, c’est ce qu’il y a de plus vrai, de plus fondamental dans l’homme, qui est par nature un être « mêlé », en perpétuelle rupture d’équilibre. André Gide, par exemple, relit sans cesse Montaigne pour mieux s’y retrouver. |
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