Le Sud des sciences sociales
La question d’un éventuel Sud des sciences sociales est à la fois nouvelle et ancienne. Nouvelle parce qu’il semble que des expressions telles que « le Sud global », la « théorie du Sud », les auteurs ou les épistémologies du ou des Suds sont récentes – et en effet elles le sont. Dans un sens plus l...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/rhsh, |
|---|---|
| Beste egile batzuk: | |
| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Revue d’histoire des sciences humaines
2022
|
| Gaiak: | |
| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | La question d’un éventuel Sud des sciences sociales est à la fois nouvelle et ancienne. Nouvelle parce qu’il semble que des expressions telles que « le Sud global », la « théorie du Sud », les auteurs ou les épistémologies du ou des Suds sont récentes – et en effet elles le sont. Dans un sens plus large, non seulement les sciences sociales existent dans les pays non occidentaux depuis bien plus longtemps que trois ou quatre décennies mais, en dépit de leur quasi-absence dans le récit occidental qui en a été fait, certaines fractions d’entre elles ont produit, à des moments différents, des traditions spécifiques, des réactions nationales à la domination épistémique occidentale, des hybridations particulières ou des circulations inattendues. Le numéro ne souhaite pas avant tout décider entre les deux options. Il se concentre sur ces deux aspects, ancien et nouveau, afin de montrer, à partir d’exemples très différents, à quel point il devient très important de se pencher sur les logiques de production de sciences sociales au Sud pour sortir d’un ethnocentrisme européocentré trop bien ancré pour ouvrir les yeux. The question of a possible social science South is both new and old. New because it seems that expressions such as “the global South”, “Southern theory”, authors or epistemologies of the South(s) are recent—and indeed they are. In a broader sense, not only have the social sciences existed in non-Western countries for much longer than three or four decades, but despite their virtual absence from the Western narrative, certain fractions of them have produced, at different times, specific traditions, national reactions to Western epistemic domination, particular hybridisations or unexpected circulations. The issue does not primarily wish to decide between the two options. It focuses on these two aspects, old and new, in order to show, from very different examples, how important it becomes to look at the logics of social science production in the South in order to get out of a too well anchored European-centric ethnocentrism to open our eyes. |
|---|