À quoi sert l’organisation des sciences ?

Partant du constat que l’organisation des savoirs est, d’une part, le produit de contingences spécifiques, de projets politiques et d’agrégations d’intérêts particuliers, et, d’autre part, lourde d’effet sur les connaissances qu’elle contribue à constituer, j’examine la catégorie supra-disciplinaire...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/rhsh,
1. Verfasser: Reubi, Serge
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Revue d’histoire des sciences humaines 2021
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Partant du constat que l’organisation des savoirs est, d’une part, le produit de contingences spécifiques, de projets politiques et d’agrégations d’intérêts particuliers, et, d’autre part, lourde d’effet sur les connaissances qu’elle contribue à constituer, j’examine la catégorie supra-disciplinaire « sciences humaines ». Mal connue mais efficace, elle forme une spécificité française qui naît dans son acception actuelle au cours de l’entre-deux-guerres pour devenir hégémonique dans l’après-guerre. « Sciences humaines » s’impose comme catégorie savante non pas tant en raison d’une valeur classificatoire plus élevée que ses concurrentes de l’entre-deux-guerres, mais parce que, peu marquée comme syntagme, elle est mobilisée par un groupe de scientifiques et de politiciens proéminents pour promouvoir une conception humaniste, libérale et internationale de la science, qui trouve un terreau fertile dans le paysage institutionnel et scientifique de l’après-guerre.