Excellence sociologique et « vocation d’hétérodoxie » : Mai 68 et la rupture Aron-Bourdieu

Parmi les innombrables retombées du mouvement de Mai 68 sur la sociologie française, la rupture entre Raymond Aron et Pierre Bourdieu – matérialisée par la scission du Centre de sociologie européenne (CSE) en deux laboratoires distincts – constitue l’un des épisodes les plus mal connus. On s’interro...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/rhsh,
Auteur principal: Joly, Marc
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue d’histoire des sciences humaines 2019
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Parmi les innombrables retombées du mouvement de Mai 68 sur la sociologie française, la rupture entre Raymond Aron et Pierre Bourdieu – matérialisée par la scission du Centre de sociologie européenne (CSE) en deux laboratoires distincts – constitue l’un des épisodes les plus mal connus. On s’interrogera, tout d’abord, sur la nature du lien entre les deux sociologues. La thèse défendue est qu’Aron, qui occupa une position centrale et prééminente dans la sociologie française à partir du début des années 1950, fut en mesure de définir un modèle d’excellence sociologique qu’il projeta sur le jeune Bourdieu. Le problème – qui conduisit à la rupture – est que l’« élu » n’était pas disposé à se plier au jeu de la transmission charismatique que voulait lui faire jouer le fondateur du CSE. C’est ainsi que, tout en restant fidèle au modèle aronien de l’excellence sociologique à la française, Bourdieu en réinventa les modalités de mise en œuvre sous l’influence de l’humeur des « années 1968 ».