Des pupilles ordinaires. Les enfants juifs recueillis par l’Assistance publique de Paris sous l’Occupation (1940-1944)

Parmi les 55 000 mineurs recueillis par l’Assistance publique de Paris entre 1940 et 1944, 184 enfants juifs ont été identifiés à l’issue d’une enquête inédite dans les archives de l’Aide sociale à l’enfance. Fils et filles d’immigrés d’Europe de l’Est, ils sont issus des populations juives les plus...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/rhei,
Egile nagusia: Rivière, Antoine
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » 2017
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Parmi les 55 000 mineurs recueillis par l’Assistance publique de Paris entre 1940 et 1944, 184 enfants juifs ont été identifiés à l’issue d’une enquête inédite dans les archives de l’Aide sociale à l’enfance. Fils et filles d’immigrés d’Europe de l’Est, ils sont issus des populations juives les plus vulnérables de la capitale. Si l’admission au service des Enfants assistés a ainsi presque toujours lieu sur fond de pauvreté, l’arrestation des parents en est dans bien des cas la raison décisive. Il semble aussi que certaines familles fassent le choix délibéré d’abandonner leurs enfants dans l’espoir de les sauver. Les pupilles juifs de l’Assistance publique ont été semble-t-il relativement épargnés par les persécutions, contrairement à leurs proches. Cela tient principalement à ce que les autorités de l’époque n’ont pas mené de traque systématique parmi les enfants assistés. La seconde explication est que l’administration parisienne a traité ces enfants juifs comme les autres enfants, et qu’à la campagne, auprès des nourriciers à qui elle les avait confiés, ils ont bénéficié d’un relatif anonymat parmi les autres pupilles de l’Assistance. Cette uniformité de traitement a créé des situations ressenties comme iniques au lendemain de la guerre, lorsque les règlements et la culture de l’institution ont empêché des retrouvailles familiales ou condamné certains enfants à vivre dans l’ignorance de leur histoire.