Les « corps perdus » de Mettray

A partir des ouvrages respectifs de Jean Genet, Raoul Léger et Jean-Guy Le Dano, cette étude cherche à définir la représentation littéraire du corps enfantin et adolescent des « colons » de Mettray (colonie agricole et pénitentiaire, dans les années 1920). Malgré le statut différent de ces trois tex...

Ausführliche Beschreibung

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/rhei,
1. Verfasser: Bendhif-Syllas, Myriam
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » 2008
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:A partir des ouvrages respectifs de Jean Genet, Raoul Léger et Jean-Guy Le Dano, cette étude cherche à définir la représentation littéraire du corps enfantin et adolescent des « colons » de Mettray (colonie agricole et pénitentiaire, dans les années 1920). Malgré le statut différent de ces trois textes et les divergences des témoignages, un dessin précis de ces corps meurtris se dégage. En effet, le corps des colons est en avant tout un corps que l’on cherche à modeler, à façonner selon une norme propre à le rendre acceptable par la société. A grand renfort d’activités harassantes et de violences permanentes, il s’agit de mater les corps afin de mieux dominer les esprits indisciplinés de ces jeunes « pécheurs ». Privés d’hygiène et de nourriture, les colons tentent de résister à l’Institution et font de leur corps le seul lieu où exprimer individualité et liberté propres. Ils fondent une véritable communauté parallèle dont les postures, les accessoires et les tatouages constituent les signes distinctifs. Cependant l’égalité n’est pas de mise : une hiérarchie interne très stricte est instaurée, produisant de nouvelles violences, en particulier sexuelles, et par conséquent un nouveau marquage des corps. A travers cette représentation du corps délinquant, lit-on déjà inéluctablement celle du criminel endurci ?