Philippe Tissié ou l’éducation physique au secours de la dégénérescence de la jeunesse française (1888-1935)

Entre 1888 et 1935, Philippe Tissié, un des premiers neuropsychiatres de France, surnommé le Ling Français en référence à l’inventeur de la méthode suédoise d’éducation physique, P.H. Ling, multiplie les expériences pédagogiques dans le Sud-Ouest de la France pour mettre un terme à la « dégénérescen...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/rhei,
Autor principal: Saint-Martin, Jean
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » 2008
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Entre 1888 et 1935, Philippe Tissié, un des premiers neuropsychiatres de France, surnommé le Ling Français en référence à l’inventeur de la méthode suédoise d’éducation physique, P.H. Ling, multiplie les expériences pédagogiques dans le Sud-Ouest de la France pour mettre un terme à la « dégénérescence » de la jeunesse. Grâce à ses initiatives menées avec la société médicale de Pau au sein de sa clinique de « psycho-dynamie », de l’école normale d’institutrices et de la maison de l’enfance, ainsi qu’à l’orphelinat protestant de Saverdun, il élabore une conception à la française d’une éducation physique patriotique et républicaine, dont la principale finalité demeure la défense de la « Terre de France ». Durant les cinq décennies étudiées, Philippe Tissié croise en effet l’idéologie républicaine et l’idéologie scientifique d’Auguste Comte, pour créer une devise restée confidentielle en France, Fortitudo mea civium fides.1Cette communication étudie les discours de ce pionnier d’une éducation physique de l’enfance « irrégulière », qui « peut rendre de bons services dans le traitement des maladies fonctionnelles du système nerveux et dans les maladies de dégénérescence ».2 Grâce à ses expériences paloises, il construit une taxonomie de l’être humain en trois classes : les passifs, les affectifs et les affirmatifs. Alors qu’il préside successivement la Ligue girondine d’éducation physique (LGEP), puis la Ligue française d’éducation physique (LFEP), son œuvre éducative, forte de l’objectif simple et précis d’apprendre à l’enfant à devenir « simple, bon et beau », se répand en France, concrétisant bien, au cours de ces cinquante années, son propos de réaliser une « œuvre d’art et de science en même temps qu’une œuvre pratique et nationale ».