Les filles « perdues » sont-elles amendables ?

Quel regard est posé par la justice sur les jeunes filles qualifiées de prostituées  dans le Paris de l’immédiat après-guerre ? A travers les archives du tribunal pour enfants de la Seine, c’est-à-dire les dossiers de suivi individuel des mineurs présentés au juge des enfants, cet article s’interrog...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/rhei,
Autor principal: Blanchard, Véronique
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » 2010
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Quel regard est posé par la justice sur les jeunes filles qualifiées de prostituées  dans le Paris de l’immédiat après-guerre ? A travers les archives du tribunal pour enfants de la Seine, c’est-à-dire les dossiers de suivi individuel des mineurs présentés au juge des enfants, cet article s’interroge sur les interventions judiciaires à l’encontre de la prostitution des mineures. A travers différentes situations, il est démontré que les jeunes filles dites prostituées ne sont pas réellement celles ayant « une pratique habituelle du rapport sexuel, sans choix du partenaire, pour gagner de l’argent » mais essentiellement des mineures ne respectant pas les normes genrées et sociales encore en vigueur : elles ont des relations sexuelles prénuptiales, elles sont perçues par leur entourage comme étant de « moralité légère ». La justice des enfants, dans le cadre de la protection en vagabondage, intervient alors afin de leur éviter les dangers de la débauche. Le traitement éducatif privilégié reste le placement en institutions religieuses jusqu’à majorité. Les magistrats de la jeunesse enferment celles qui pourraient devenir prostituées. En revanche, pour celles qui sont déjà « tombées », ils avouent leur impuissance.