Regards du corps et archaïsmes. L’ordonnancement des déviances par la rééducation du corps

Dans les trente premières années de ce siècle, le regard sur le corps des vagabonds, des délinquants, va être le lieu de prédilection de thèses archaïques, proches de celles du darwinisme social. Ce regard construit un modèle très archaïque du corps, qui n’évolue quasiment pas durant la période étud...

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Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/rhei,
Glavni avtor: Mendiague, Francis
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » 2009
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Dans les trente premières années de ce siècle, le regard sur le corps des vagabonds, des délinquants, va être le lieu de prédilection de thèses archaïques, proches de celles du darwinisme social. Ce regard construit un modèle très archaïque du corps, qui n’évolue quasiment pas durant la période étudiée, qui s’étend jusqu’aux années 1950. Les corps faibles et tordus sont compris comme des signes de dégénérescence, inscrits dans la société, elle-même vue comme un corps dégénéré. L’objet de ce texte consistera à tenter de montrer comment le regard sur le corps des délinquants, dans une période couvrant les cinquante premières années du XXème siècle, nourrit une idéologie de la peur du corps, et comment elle renforce le recours aux très problématiques classifications anthropomorphiques. La lecture du corps est prise dans des déterminations culturelles et symboliques fortes. Le corps est aussi engagé dans la scène sociale. Là, le corps du délinquant, de l’instable scolaire vient produire du désordre et de la peur. Le regard est désormais total, rien ne lui échappe. Il est violent et le corps observé, lui, est entièrement soumis. Ce processus qui s’applique prioritairement aux jeunes irréguliers, est aussi valable pour tous les autres. Le résultat en est un corps déshumanisé.