Le mouvement international en faveur de la protection de l’enfance (1880-1914)

Le mouvement international en faveur de la protection de l’enfance, qui se développe partout en Europe et aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, doit être resitué dans le contexte d’une réflexion à la fois politique et sociale, juridique et pénale, sur la place de l’enfant dans la société et la f...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/rhei,
Autor principal: Dupont-Bouchat, Marie-Sylvie
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » 2007
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Le mouvement international en faveur de la protection de l’enfance, qui se développe partout en Europe et aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle, doit être resitué dans le contexte d’une réflexion à la fois politique et sociale, juridique et pénale, sur la place de l’enfant dans la société et la famille, sur la délinquance juvénile, l’échec de la prison et la naissance de la justice des mineurs. Les débats internationaux qui ont lieu dans les congrès pénitentiaires et les congrès de protection de l’enfance entre 1880 et 1914 permettent de suivre les étapes de la construction d’une justice spécifique aux mineurs, fondée sur une nouvelle image de l’enfant délinquant – désormais considéré comme une victime, un enfant-martyr, un enfant en danger, qu’il s’agit de protéger plutôt que de punir. Les débats portent sur la déchéance de la puissance paternelle, l’instauration des tribunaux pour enfants, avec la création du juge unique et paternel. Celui-ci devra prendre à l’égard des enfants en danger des mesures essentiellement protectrices, avec l’aide des délégués à la protection de l’enfance et des sociétés de bienfaisance, chargées du patronage et du placement. Cette justice des mineurs rompt avec le modèle pénal et pénitentiaire instauré dans les années 1830-1840 et inaugure un nouveau modèle “protectionnel” qui restera en vigueur jusqu’aux réformes actuelles qui tendent, au contraire, à “repénaliser” la délinquance juvénile.