Le chemin du front. Gares et liaisons ferroviaires à Thessalonique pendant la Première Guerre mondiale
Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, Thessalonique (Salonique), ne se trouvait pas dans un état de quiétude. La ville, qui avait officiellement été annexée au territoire grec par le traité de Bucarest d’août 1913, avait été disputée entre les adversaires engagés dans les deu...
Shranjeno v:
| izdano v: | URI:https://journals.openedition.org/rhcf, |
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| Glavni avtor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Revue d’histoire des chemins de fer
2022
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| Teme: | |
| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, Thessalonique (Salonique), ne se trouvait pas dans un état de quiétude. La ville, qui avait officiellement été annexée au territoire grec par le traité de Bucarest d’août 1913, avait été disputée entre les adversaires engagés dans les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913. Située au Levant, la ville de Thessalonique avait un avantage majeur : elle possédait un port, depuis lequel les marchandises et voyageurs transitaient vers l’est de la région méditerranéenne, en plus d’un large réseau de chemin de fer reliant la ville aux pays voisins et aux territoires européens de l’Empire Ottoman, ainsi qu’à Constantinople, sa capitale. À la veille de la Première Guerre mondiale, en 1914, Thessalonique disposait de trois principales lignes de chemins de fer : de Thessalonique à Monastir, exploité par la SM (le Chemin de fer Salonique-Monastir), la ligne de Thessalonique à Ûskub (Skopje) et Pristina, exploitée par les CO ou Chemins de fer Orientaux1, et la ligne Thessalonique-Dedeagatsch (Alexandroupolis)-Constantinople (Istanbul), ou JSC, Jonction Salonique-Constantinople). Le début de la guerre entraîna rapidement de sérieuses difficultés sur les deux premières lignes car elles reliaient les territoires grecs aux territoires serbes. En effet, dès le départ, l’importance des conséquences économiques de l’interruption des liaisons ferroviaires se fit très vite sentir à Thessalonique.En 1915, les forces de l’Entente cordiale, placées à Gallipoli dans une situation sans issue, furent contraintes de reculer, ce qui conduisit près de 150 000 soldats britanniques et français à Thessalonique. Les lignes ferroviaires et les gares de la ville durent soutenir la consolidation du front serbe et contribuer à la construction de lignes militaires nouvelles, afin de protéger Thessalonique d’une éventuelle attaque des Empires centraux. Cela déboucha sur la construction d’un vaste réseau ferroviaire dans la région entourant Thessalonique, en appui au front militaire, mais qui servait aussi à l’approvisionnement des complexes logistiques qui entouraient la ville. Certaines de ces lignes étaient incluses dans le réseau de chemin de fer existant, tandis que d’autres, assez isolées, servaient en cas de nécessité, c’est-à-dire qu’elles n’étaient utilisées qu’en cas d’urgence. Le système de chemin de fer militaire à voie étroite appuya les efforts de l’Entente cordiale jusqu’à l’extrême fin de la Première Guerre mondiale et au succès final face aux Empires centraux aux frontières de la Grèce.En s’appuyant sur des archives locales et gouvernementales, notre article analyse l’importance des réseaux ferroviaires à Thessalonique en temps de guerre, leur impact sur le déploiement des troupes régulières et auxiliaires, et leur approvisionnement. Nous prenons cette occasion pour faire mémoire de ce qui fut l’un des théâtres de cette guerre, en l’étudiant dans son contexte local et international. |
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