La mobilisation et les espaces de résistance : à propos de la politique de l’espace dans les ateliers ferroviaires d’Eveleigh (Sydney) des années 1920 aux années 1960

Les ateliers d’Eveleigh, ouverts en 1887 à Sydney, constituent au premier XXe siècle une implantation ferroviaire à la fois centrale et emblématique pour le pays. En effet, outre sa taille considérable (3 000 ouvriers entre 1907 et 1950) il était dirigé par l’État et localisé au plus près du Parleme...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/rhcf,
1. Verfasser: Taksa, Lucy
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Revue d’histoire des chemins de fer 2015
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Les ateliers d’Eveleigh, ouverts en 1887 à Sydney, constituent au premier XXe siècle une implantation ferroviaire à la fois centrale et emblématique pour le pays. En effet, outre sa taille considérable (3 000 ouvriers entre 1907 et 1950) il était dirigé par l’État et localisé au plus près du Parlement, au sein d’un espace public de premier plan. Eveleigh joua ainsi un rôle décisif lors de la grande grève générale de 1917, aboutissant à une écrasante défaite ouvrière qui marqua pour des décennies les travailleurs australiens. Ces ateliers ferroviaires constituent ainsi un observatoire privilégié pour comprendre comment l’espace peut à la fois être un enjeu et un moyen de la mobilisation ouvrière.Mettant en œuvre la problématique des pratiques spatiales, cet article analyse la confrontation entre ouvriers et dirigeants autour du processus du travail et du droit des ouvriers à s’organiser collectivement sur leur lieu de travail.L’étude particulière des espaces met à jour, d’une part, la manière dont l’encadrement a essayé de contrôler les déplacements des ouvriers. D’autre part, elle révèle comment ceux-ci se sont battus afin d’occuper des lieux stratégiques et de contrecarrer la direction dans sa volonté de mettre en place des frontières. Il s’agissait aussi d’accroître leur maîtrise du processus du travail et leur autonomie vis-à-vis de l’encadrement et de la bureaucratie, enfin de définir et de défendre différentes façons de travailler et de vivre.De telles pratiques permirent aux ouvriers d’Eveleigh de retravailler l’espace à leurs propres fins et, en somme, elles ont été essentielles pour la mise en place de la politique du lieu et la transformation du statut des ateliers, ces avant-postes de la lutte qui sont devenus les enjeux mêmes de la victoire. En raison de leurs situations sur ce sol contesté, divers lieux sont abordés, notamment la « place rouge » et les portails d’entrée qui avaient acquis un statut d’autonomie relative dont les ouvriers se servirent pour faire échouer les mesures qui leur étaient imposées pendant le cours de leur travail et qui les privaient de liberté.