Les représentations du travail chez les cheminots des ateliers de Chambéry : les figures de l’artisan-compagnon, de l’ouvrier et de l’opérateur
Étayé par les acquis d’une thèse de sociologie portant sur l’imaginaire professionnel des personnels cheminot des ateliers de Chambéry, l’article aborde successivement trois grandes figures de travailleurs qui ont émergé de l’enquête et qui, loin de s’opposer, sont reliées en un ensemble stable par...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/rhcf, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Revue d’histoire des chemins de fer
2015
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Étayé par les acquis d’une thèse de sociologie portant sur l’imaginaire professionnel des personnels cheminot des ateliers de Chambéry, l’article aborde successivement trois grandes figures de travailleurs qui ont émergé de l’enquête et qui, loin de s’opposer, sont reliées en un ensemble stable par des logiques « d’accumulation de connaissances » ou de « sédimentation des savoirs ».La figure de l’artisan-compagnon se caractérise par son engagement direct et manuel, son autonomie, sa maîtrise des objets et des dispositifs techniques. Sa pratique corporelle est marquée par une économie qui est d’abord celle des gestes, associés à des outils soumis à une appropriation soigneuse. Une rhétorique du « bon travail » autorise son évaluation, différente de celles de l’activité de production mais témoignant bien d’une maîtrise de cette dernière : finir, et « dans les temps », produire en « redonnant vie », en « remettant à neuf ».L’ouvrier, deuxième figure observée, apparaît d’abord dans une forme de dévalorisation physique, de soumission corporelle, à l’objet ou à l’incertitude. Mais cette soumission (de même que la souffrance) est aussi source de connaissance dans le cadre d’une recherche de l’efficacité qui exige la performance des outils et des objets pour produire plus et plus vite.La figure plus récente et minoritaire de l’opérateur achève ce panorama de terrain, marquée par l’effacement du conflit voire de l’interaction forte avec les outils, la production laissant place pour l’essentiel à son contrôle et au maintien de sa continuité. Au désengagement du corps, à la réduction du rôle de la force dans le travail (grâce à la technique dans le processus de production), répondent un investissement mental et une souffrance d’un autre type, le stress.En conclusion, l’article interroge la coexistence de ces figures au sein d’un environnement de travail en s’opposant notamment aux stéréotypes historiques et en insistant sur l’enjeu de la constitution progressive des savoirs individuels et collectifs. |
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