Le Train-Ferry Douvres-Dunkerque, le Train Bleu et autres initiatives intermodales dans la France de l’entre-deux-guerres

L’intermodalité, c’est-à-dire le concept du voyage sans rupture de charge, n’est autre qu’une manifestation du désir fondamental de l’être humain de pouvoir se déplacer en dehors de toute contrainte imposée par les frontières créées par la nature ou par l’homme. C’est l’un des facteurs déterminants...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/rhcf,
Autor principal: Starostina, Natalia
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Revue d’histoire des chemins de fer 2014
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L’intermodalité, c’est-à-dire le concept du voyage sans rupture de charge, n’est autre qu’une manifestation du désir fondamental de l’être humain de pouvoir se déplacer en dehors de toute contrainte imposée par les frontières créées par la nature ou par l’homme. C’est l’un des facteurs déterminants dans le façonnage de nos cultures de mobilité moderne : à l’heure de la mondialisation tous azimuts, rêver de parcourir le monde sans solution de continuité est probablement gravé dans notre inconscient contemporain. Même si, pour beaucoup d’historiens, l’apparition des voyages intermodaux remonte à la période d’après-guerre, les premières initiatives européennes datent, en fait, du 19e siècle, la plus légendaire étant probablement le célèbre « Orient Express ». Pendant les années qui ont séparé les deux guerres, les Compagnies de chemins de fer françaises ont lancé bon nombre de projets en vue d’améliorer les liaisons entre la France, l’Angleterre et le Nouveau Monde. Le Train Bleu, ce train de luxe qui acheminait l’aristocratie britannique vers les stations balnéaires les plus prisées de la Côte d’Azur, constituait un bel exemple de l’intermodalité au service d’une clientèle franco-britannique fortunée. Le projet intermodal le plus insolite de la période de l’entre-deux-guerres a vu le jour à Dunkerque. Inauguré en 1936, le « Night Ferry » est né de la collaboration entre différentes compagnies de transport ferroviaire et maritime françaises et britanniques. Grâce au « Night Ferry », les passagers français et britanniques pouvaient effectuer leur déplacement en train dans des conditions agréables. Les affiches renvoyaient aussi une image forte de la collaboration entre acteurs français et britanniques dans la mise en place de cette solution intermodale aussi merveilleuse qu’inédite. Si les initiatives prises entre les deux guerres ont connu une telle réussite, c’est non seulement parce qu’elles facilitaient le voyage et en augmentaient le confort mais également parce qu’elles étaient en concordance avec le nouveau discours sur la mobilité moderne et, au-delà, l’identité française. En mettant en avant les notions de confort inégalé ou de l’amitié entre la France et la Grande-Bretagne, l’image projetée par les initiatives intermodales a su inspirer ce nouveau discours sur l’identité nationale et la perception de l’espace français. Les images en question avaient la capacité de créer de nouvelles mythologies dans les domaines du voyage et de l’espace et, en chatouillant l’imagination des Français, ont contribué au succès des initiatives intermodales.