Pop Music à la Fête de l’Huma (1968-1973)
La Fête de l’Humanité est le grand rassemblement annuel du mouvement communiste français depuis 1930, organisé par le journal l’Humanité. Fête populaire, politique et culturelle, ses scènes musicales font la part belle aux fanfares ouvrières et à la chanson engagée. Mais dans l’après-Mai 68, la Fête...
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| In: | URI:https://journals.openedition.org/rhc, |
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| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Revue d'histoire culturelle
2024
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| Subjects: | |
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | La Fête de l’Humanité est le grand rassemblement annuel du mouvement communiste français depuis 1930, organisé par le journal l’Humanité. Fête populaire, politique et culturelle, ses scènes musicales font la part belle aux fanfares ouvrières et à la chanson engagée. Mais dans l’après-Mai 68, la Fête s’ouvre aux musiques jeunes venues d’Amérique, rock et jazz, et programme les plus grandes vedettes anglo-américaines, notamment The Moody Blues, Pink Floyd, Soft Machine, Joan Baez, The Who, Country Joe, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Bill Coleman, ou encore Sun Ra. Pourtant, le discours communiste du début des années 1960 est encore marqué, dans un contexte de guerre froide, par une farouche opposition à l’importation de produits culturels américains, par la vive dénonciation de la culture de masse et par le rejet de l’idée, alors naissante, d’une culture jeune autonome et générationnelle. Mais la stratégie d’ouverture et de rénovation doctrinale entreprise par le parti à partir du milieu des années 1960 le conduit à identifier la jeunesse comme un public qu’il est crucial de conquérir en vue d’un prochain accès au pouvoir gouvernemental par les urnes. Programmer la bande-son de ces jeunes baby-boomers, la pop music, relève alors d’une intention socio-politique : s’assurer la présence de la jeunesse à la Fête de l’Humanité. Paradoxalement, le rassemblement communiste devient un des lieux de l’acculturation du rock en France et la presse file la comparaison avec Woodstock. À partir de l’étude croisée de la presse communiste et de la presse musicale, cet article interroge les intentions, les modalités et les effets de cette ouverture de la Fête de L’Humanité à la pop music. |
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