La prostitution masculine dans la presse japonaise de l’entre-deux-guerres

Si la pratique du sexe tarifé « entre hommes » était une conduite sexuelle normative au temps d’Edo (1603-1867), il faut attendre, selon l’historiographie actuelle, l’après Seconde Guerre mondiale pour que le sujet soit à nouveau abordé dans l’espace public. Le processus de modernisation et d’occide...

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Τόπος έκδοσης:URI:https://journals.openedition.org/rhc,
Κύριος συγγραφέας: Lenoble, Camille
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: Revue d'histoire culturelle 2023
Θέματα:
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Περιγραφή
Περίληψη:Si la pratique du sexe tarifé « entre hommes » était une conduite sexuelle normative au temps d’Edo (1603-1867), il faut attendre, selon l’historiographie actuelle, l’après Seconde Guerre mondiale pour que le sujet soit à nouveau abordé dans l’espace public. Le processus de modernisation et d’occidentalisation du Japon de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à la Seconde Guerre mondiale n’aura cessé de transformer le régime de genre japonais, ainsi que le regard moral porté sur les conduites homoérotiques. La prostitution s’est officiellement restreinte à des pratiques hétérosexuelles au sein de maisons closes règlementées par l’État. À l’aune de la modernité, la prostitution masculine est peu à peu devenue un non-sujet en droit, un impensé sexuel et un tabou. Pourtant, il semblerait que la presse de l’entre-deux-guerres ait déjà commencé à aborder le sujet de façon détournée. Les représentations des travailleurs du sexe dans les journaux se sont appuyées sur des considérations genrées : une pratique systématique du travestissent qui s’est appuyée sur le discours sexologique sur l’inversion sexuelle, notion importée depuis l’Europe. Mais bien plus encore, ce sont des formes de solidarités, voire d’organisations, des stratégies de survie et l’émergence d’une contre-culture homosexuelle que la presse de l’entre-deux-guerres met au jour.