Les « scandales » de 1878, lorsque l’homosexualité s’invite dans la sphère publique bordelaise
Le 9 décembre 1878, vingt-quatre homosexuels masculins bordelais comparaissent devant le tribunal correctionnel pour outrages publics à la pudeur. Si l’article 330 du Code pénal est utilisé pour réprimer l’homosexualité, ce procès revêt toutefois un caractère extraordinaire et se présente comme exem...
Saved in:
| In: | URI:https://journals.openedition.org/rhc, |
|---|---|
| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Revue d'histoire culturelle
2023
|
| Subjects: | |
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Le 9 décembre 1878, vingt-quatre homosexuels masculins bordelais comparaissent devant le tribunal correctionnel pour outrages publics à la pudeur. Si l’article 330 du Code pénal est utilisé pour réprimer l’homosexualité, ce procès revêt toutefois un caractère extraordinaire et se présente comme exemplaire : par le nombre de prévenus, par la levée au dernier moment du huis clos, par la couverture médiatique intense de certains titres de presse pour un scandale de province. Il s’agit de mettre en avant, à travers une documentation traduisant la surveillance et les actions des autorités (procès-verbal, minutes correctionnelles) ainsi que la vindicte de l’opinion publique (extraits de journaux), le discours sur l’homosexualité dans la sphère publique bordelaise au tribunal et dans la presse. Au-delà, il convient de faire émerger les lieux extérieurs de rencontres des homosexuels bordelais en cette deuxième moitié de XIXe siècle, notamment en étudiant le rôle de la place des Quinconces, alors récemment construite, et de ses contre-allées lesquelles concentrent les déambulations homosexuelles. |
|---|