L’introuvable bibliothèque d’Hailé Sélassié : spoliation coloniale et mémoires confisquées
Cet article explore l’histoire oubliée de la bibliothèque impériale d’Hailé Sélassié, pillée lors de l’occupation italienne de l’Éthiopie (1936-1941), et dont la restitution fut demandée, sans succès, par la diplomatie éthiopienne entre 1947 et 1955. À travers l’étude d’archives italiennes et éthiop...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/rhc, |
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| Egile nagusia: | |
| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Revue d'histoire culturelle
2025
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| Gaiak: | |
| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | Cet article explore l’histoire oubliée de la bibliothèque impériale d’Hailé Sélassié, pillée lors de l’occupation italienne de l’Éthiopie (1936-1941), et dont la restitution fut demandée, sans succès, par la diplomatie éthiopienne entre 1947 et 1955. À travers l’étude d’archives italiennes et éthiopiennes, l’article met en évidence les mécanismes de spoliation mis en œuvre par l’administration coloniale et les stratégies d’effacement de la mémoire impériale. Une attention particulière est portée à la collection Cerulli Etiopici, conservée à la Bibliothèque Vaticane, dont plusieurs manuscrits portent les sceaux de la bibliothèque impériale ou de monastères éthiopiens pillés. L’autrice avance l’hypothèse que ces manuscrits proviennent en partie du butin saisi au Gebbi d’Addis-Abeba, résidence impériale, et dans les institutions religieuses proches du pouvoir. En démontrant que des éléments de provenance – sceaux, colophons, marques de donation – permettent aujourd’hui d’identifier certains de ces ouvrages, l’article invite à reconsidérer les bibliothèques comme des lieux centraux de production et de légitimation du pouvoir, mais aussi comme des cibles privilégiées des entreprises coloniales de destruction symbolique. Il propose enfin de replacer cette spoliation dans une histoire plus large des restitutions, où les livres – objets de savoirs et de souveraineté – restent paradoxalement en marge des débats contemporains sur le patrimoine. |
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