Visées sécuritaires et réorientation géostratégique
À supposer que la guerre d’Espagne ait bien été un drame espagnol, elle fut aussi, nous dit Pierre Laborie, une guerre civile européenne, un théâtre de sang où le vieux continent divisé pouvait régler ses comptes par procuration. En évitant l’implication directe et les prises de position à l’égard d...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/rha, |
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| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
Revue historique des armées
2013
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | À supposer que la guerre d’Espagne ait bien été un drame espagnol, elle fut aussi, nous dit Pierre Laborie, une guerre civile européenne, un théâtre de sang où le vieux continent divisé pouvait régler ses comptes par procuration. En évitant l’implication directe et les prises de position à l’égard de l’intervention de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste, la France avait retardé jusqu’au dernier moment la contagion continentale. Toutefois, elle n’avait pas fait l’économie d’une fracture politique et sociale interne. La gestion antithétique par les gouvernements français de l’immigration et de son volet espagnol entre 1936 et 1939, avait confirmé cette fragilité. Elle avait révélé le double visage d’une nation en crise et sa représentation antagoniste de l’accélération événementielle de la fin des années 1930. La bipolarisation croissante de l’opinion française liée à la guerre d’Espagne et à l’exode, avait fait office de miroir conjoncturel prémonitoire des menaces hexagonales. Ainsi, le balcon pyrénéen de Jean Vilar était devenu une zone névralgique anticipée de la sécurité nationale. Si les legs en tout genre et les héritages venus d’outre-mont avaient une nouvelle fois servis de passerelle entre la géographie des lieux et son histoire, les changements stratégiques et le spectre de la guerre, avaient aussi remis en lumière des hommes que la pacification récente de l’espace avait presque fait oublier : les agents du maintien de l’ordre. |
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