« Sind Schwarze da ? » La chasse aux tirailleurs sénégalais. Aspects cynégétiques de violences de guerre et de violences raciales durant la campagne de France, mai 1940-août 1940
En mai et juin 1940, plusieurs centaines de soldats noirs de l’armée française sont exécutées par les troupes d’invasion allemandes. A plusieurs reprises, ces massacres prennent un fort caractère cynégétique : scènes de chasse à courre, tir au pigeon, chasse en meute. Le soldat noir est ainsi transf...
Tallennettuna:
| Julkaisussa: | URI:https://journals.openedition.org/rha, |
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
Revue historique des armées
2013
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | En mai et juin 1940, plusieurs centaines de soldats noirs de l’armée française sont exécutées par les troupes d’invasion allemandes. A plusieurs reprises, ces massacres prennent un fort caractère cynégétique : scènes de chasse à courre, tir au pigeon, chasse en meute. Le soldat noir est ainsi transformé en gibier. Le mot « massacre » a d’ailleurs lui-même une origine cynégétique remontant au 16ème siècle et désignant à la fois l’action de tuer en masse mais exprimant également la fierté du chasseur. Une fierté justement que ne manque pas d’exprimer le chasseur allemand qui photographie en masse le gibier tirailleur capturé ou mis à mort et s’empare de multiples trophées sur sa dépouille. Cette chasse aux soldats noirs est un des aspects de l’animalisation des soldats coloniaux qui trouve un épilogue jusque dans le sort réservé aux cadavres du gibier mis à mort souvent délaissés de tous moyens d’identification ou privés de toutes sépultures humaines. Une animalisation d’ailleurs favorisée par l’évolution même des combats. Nombre de tirailleurs sont ainsi assimilés à des francs tireurs alors que, dépassés par les pointes allemandes, ils combattent afin d’échapper à la capture. |
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