L’échec des colonies militaires françaises (1809-1813)

Les colonies militaires constituent une modalité du contrôle territorial par des forces armées. L’histoire française ne présente à cet égard qu’un seul exemple. Après le traité de Schoenbrunn en 1809, Napoléon crée sur la côte orientale de l’Adriatique un ensemble territorial, les Provinces illyrien...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/rha,
Autor principal: Brun, Jean-François
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Revue historique des armées 2008
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Les colonies militaires constituent une modalité du contrôle territorial par des forces armées. L’histoire française ne présente à cet égard qu’un seul exemple. Après le traité de Schoenbrunn en 1809, Napoléon crée sur la côte orientale de l’Adriatique un ensemble territorial, les Provinces illyriennes, au sein desquelles est intégrée une partie des « confins militaires » autrichiens de Croatie, organisés initialement pour faire face à l’Empire ottoman. Peuplé de 256 000 habitants environ, divisé en six régiments qui sont à la fois des corps de troupe et des unités administratives, le territoire croate vit sous un régime d’essence militaire, dans lequel la cellule sociale de base, la zadrouga (famille élargie), a l’usufruit de terres en échange d’un service armé. L’Empire conserve le système en le « francisant » superficiellement. Mais Napoléon pratique une mobilisation intensive qui en épuise les ressources. Attaquées à la fois par les Anglais et les Autrichiens en 1813, affaiblies par l’insurrection croate, les Provinces illyriennes disparaissent alors, entraînant la fin de cette expérience très particulière.