La pelle et le fusil

Au XVIIIe siècle, les soldats séjournant en Bretagne furent parfois employés à de grands travaux. Le débat sur l’utilité sociale de l’armée et la hantise d’une oisiveté menant à la débauche voire à la désertion militèrent en faveur de cette utilisation. Alors que la participation des militaires à la...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/rha,
Autor principal: Perreon, Stéphane
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Revue historique des armées 2008
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Au XVIIIe siècle, les soldats séjournant en Bretagne furent parfois employés à de grands travaux. Le débat sur l’utilité sociale de l’armée et la hantise d’une oisiveté menant à la débauche voire à la désertion militèrent en faveur de cette utilisation. Alors que la participation des militaires à la construction et à l’entretien des fortifications était ancienne et traditionnelle, le recours à cette main-d’œuvre pour des ouvrages civils intervint surtout après la guerre de Sept Ans, dans une période de paix. Le contexte des Lumières joua également, les responsables municipaux se lançant parfois dans des opérations d’urbanisme nécessitant une main-d’œuvre nombreuse et, si possible, peu onéreuse. La plus importante mobilisation de soldats eut toutefois lieu à l’occasion de la régularisation du cours de la Vilaine, entre Rennes et Redon, de 1784 à 1786. Les États de Bretagne étant maîtres d’œuvre, les troupes, logées dans des camps provisoires, leur furent subordonnées et travaillèrent de manière satisfaisante. Les soldats travailleurs bénéficiaient d’une solde plus élevée qu’à l’ordinaire mais étaient en contrepartie soumis à une rude discipline – dont témoigne le règlement de 1786 – alors que les accidents n’étaient pas rares. Les tensions politiques de 1788 mirent cependant fin à cette expérience qui posait la question de l’utilité publique de l’armée en temps de paix.