La fabrique du globe : une histoire culturelle de la science dans la baie du Bengale
De Madras à Singapour, via la baie du Bengale et le littoral de Sumatra, cet article propose une histoire de la construction des savoirs au xixe siècle, construction entendue comme un processus de création et de reconfiguration centré sur trois concepts : le globe, l’empire et le moi. À partir d’une...
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| 出版年: | URI:https://journals.openedition.org/rh19, |
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| 第一著者: | |
| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 言語: | Français |
| 出版事項: |
Revue d’histoire du XIXe siècle
2022
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| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | De Madras à Singapour, via la baie du Bengale et le littoral de Sumatra, cet article propose une histoire de la construction des savoirs au xixe siècle, construction entendue comme un processus de création et de reconfiguration centré sur trois concepts : le globe, l’empire et le moi. À partir d’une série d’expériences menées au début du xixe siècle afin de déterminer la courbure de la Terre à l’aide de pendules, cet article adopte ensuite une perspective plus généraliste, pour examiner comment les changements de concepts et d’échelles ont joué un rôle central dans l’élaboration d’un régime de big data. Le traitement des données reposait sur une variété de disciplines scientifiques et de territoires, en mer et sur terre. Au gré de l’avancée de ce projet de « fabrique du globe », par exemple au sein de l’observatoire de Madras, les colonies impériales ont pu être localisées grâce à des coordonnées précises. Ce fut le cas du Singapour britannique. Ce faisant, les intellectuels autochtones, comme Abdullah bin Abdul Kadir (1797-1854), devaient trouver leur place dans ce monde de libre-échange impérial. Le nouveau modèle de fabrique du globe a engendré un phénomène de détachement vis-à-vis des lieux et des individus, dans la mesure où ces derniers se voyaient attribuer une position fixe sur le globe, entraînant ainsi l’effacement de l’informateur autochtone, qui constituait jusqu’ici une figure centrale des travaux consacrés à l’histoire des sciences. En liant la fabrique du globe au destin des intermédiaires, cet article rappelle la nécessité de replacer l’agentivité des autochtones dans le domaine scientifique au cœur de récits plus vastes, portant sur le travail, le capital et l’expansion impériale. Cet article procède également à une contextualisation croisée des sources coloniales et autochtones, sans en réifier aucunes. |
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