Le drame de la nuit : enjeux médico-légaux du quadruple égorgement commis en 1885 à Genève par une mère sur ses enfants 

En mai 1885, le Crime de Coutance – une jeune mère de famille égorge ses quatre enfants endormis – bouleverse la population de Genève. La presse protestante et catholique transforme le drame familial en atroce fait divers. Les funérailles des enfants auxquelles assistent plusieurs milliers de person...

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Τόπος έκδοσης:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
Κύριος συγγραφέας: Porret, Michel
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: Revue d’histoire du XIXe siècle 2008
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Περιγραφή
Περίληψη:En mai 1885, le Crime de Coutance – une jeune mère de famille égorge ses quatre enfants endormis – bouleverse la population de Genève. La presse protestante et catholique transforme le drame familial en atroce fait divers. Les funérailles des enfants auxquelles assistent plusieurs milliers de personnes soulignent le traumatisme collectif causé par le geste désespéré d'une « mère dénaturée ». Cependant, ce crime illustre à Genève l’immense impact de la psychiatrie et de la médecine légale sur la justice. Du début à la fin de l’instruction et du procès, les experts occupent la scène judiciaire. S’ils sont divisés sur la responsabilité pleine ou nulle de l’accusée qui écrit son autobiographie, néanmoins la thèse de la folie triomphera devant les Assises. Considérée dangereuse pour elle-même et pour les autres, la mère meurtrière est internée à l’asile psychiatrique de Genève. Le procès qui fascine l’opinion publique pose la question de la folie devant les tribunaux. Une année plus tard, l’affaire permet au législateur genevois de réformer la loi sur le traitement légal des aliénés criminels. En 1893, après de nouvelles expertises psychiatriques, la mère meurtrière est libérée. Entre-temps, le crime de Coutance est devenu un cas psychiatrique discuté dans la littérature médico-légale. Il permet l’élaboration d’une nouvelle catégorie noso­graphique : l’« obsession du meurtre par contagion mentale ».