Punition, dégénérescence ou malheur ?
André Gill, célèbre caricaturiste de la fin du XIXe siècle, fut soudainement interné en 1881 à l’asile de Charenton, où il mourut en 1885. Son aliénation subite, que rien auparavant dans son comportement n’avait laissé présager, frappa de stupeur le milieu littéraire et artistique français. Si la fo...
שמור ב:
| הוצא לאור ב: | URI:https://journals.openedition.org/rh19, |
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| מחבר ראשי: | |
| פורמט: | Article ou chapitre numérique |
| שפה: | Français |
| יצא לאור: |
Revue d’histoire du XIXe siècle
2008
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| גישה מקוונת: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| סיכום: | André Gill, célèbre caricaturiste de la fin du XIXe siècle, fut soudainement interné en 1881 à l’asile de Charenton, où il mourut en 1885. Son aliénation subite, que rien auparavant dans son comportement n’avait laissé présager, frappa de stupeur le milieu littéraire et artistique français. Si la folie touchait un homme tel que Gill, homme au caractère bien trempé et au physique impressionnant, nul ne semblait à l’abri. Il fallait absolument trouver un sens au malheur de Gill. C’est ainsi qu’un nombre impressionnant de commentaires sur sa maladie fut délivré dans la presse. Chacun profitait de cet événement pour donner son opinion sur le phénomène de la folie. Cependant l’avis d’une personnalité, pourtant la première concernée, manquait étrangement à l’appel. Personne ne semblait se soucier de ce que Gill lui-même pouvait avoir à dire de sa folie. Or, celui-ci s’est exprimé à ce sujet dans un certain nombre de documents réalisés dans l’asile mais aussi au cours d’une brève période de liberté qu’il connut en 1882. L’historien dispose ainsi d’une occasion unique de comparer les diverses perceptions de la folie dans la société française du XIXe siècle. Que signifiait alors être fou ? Comment étiez-vous perçu et comment vous perceviez-vous ? A travers l’histoire de Gill il est possible de donner quelques éléments de réponse à ces deux questions fondamentales. On voit notamment que le discours médical, centré sur la notion de dégénérescence, n’était pas le seul discours possible sur la folie à la fin du XIXe siècle. Ambivalente, la société française l’était à tout le moins envers ses fous et sa médecine psychiatrique, ce que Gill a fort bien résumé dans ses textes mais peut-être plus encore dans ses dessins. Le lecteur découvrira ainsi dans cet article un certain nombre de documents inédits issus d’une collection privée qui permettent de mieux comprendre le vécu asilaire du point de vue du malade. |
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