La fabrique d’une ancestralité préhistorique et spiritualiste en France : Jacques Boucher de Perthes (1849 à 1868)

Autour de 1859, la reconnaissance des travaux de Jacques Boucher de Perthes engage un bouleversement du regard porté sur les ancêtres les plus lointains. Leurs traces ne proviennent plus de textes sacrés ou antiques, mais d’industries lithiques et d’ossements retirés des sols de carrières, de tranch...

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מידע ביבליוגרפי
הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
מחבר ראשי: Defrance-Jublot, Fanny
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Revue d’histoire du XIXe siècle 2021
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:Autour de 1859, la reconnaissance des travaux de Jacques Boucher de Perthes engage un bouleversement du regard porté sur les ancêtres les plus lointains. Leurs traces ne proviennent plus de textes sacrés ou antiques, mais d’industries lithiques et d’ossements retirés des sols de carrières, de tranchées d’où les excavent des géologues, paléontologues et archéologues. Ceux-ci puisent dans leurs univers mentaux pour dresser le portrait d’une humanité devenue « fossile ». Jacques Boucher de Perthes, qui défend après d’autres chercheurs la coexistence d’animaux disparus et de vestiges d’origine humaine dans les anciennes couches géologiques, mêle intimement ses observations stratigraphiques à son spiritualisme singulier, alimentant la prégnance de la question religieuse dans les débats qui marquent la première archéologie préhistorique. « L’archéogéologie » de Jacques Boucher de Perthes puise de nombreuses références dans la Bible, en partie pour rassurer les inquiets (démontrer que ses recherches ne contredisent pas les dogmes), orientant dans une large mesure la description d’êtres d’abord considérés comme préadamiques, puis ancêtres antédiluviens, déshérités par le péché originel, qui prouvent néanmoins leur humanité par leurs aptitudes industrielles, artistiques et leurs soucis religieux.