Une question d’honneur entre gentilshommes ? Les officiers français prisonniers et l’usage politique de la parole d’honneur pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871

Dans l’historiographie récente, la guerre de 1870-1871 a souvent été considérée comme une étape clé sur le chemin vers la guerre totale du XXe siècle. Bien que cet article ne tranche pas le débat, il remet en question les modèles d’explication binaires axés autour de la « haine héréditaire ». En bas...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
1. autor: Heinzen, Jasper
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Revue d’histoire du XIXe siècle 2020
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:Dans l’historiographie récente, la guerre de 1870-1871 a souvent été considérée comme une étape clé sur le chemin vers la guerre totale du XXe siècle. Bien que cet article ne tranche pas le débat, il remet en question les modèles d’explication binaires axés autour de la « haine héréditaire ». En basant son argumentation sur le grand nombre de prisonniers de guerre (420 000 Français et 8 000 Allemands), l’auteur met en avant les convergences transnationales dans les discours sur le devoir et l’honneur patriotique. Grâce à la tradition européenne du « droit d’usages cosmopolites », les officiers pouvaient s’engager à ne pas fuir et obtenaient en échange, la liberté de circuler pendant leur captivité. Un usage abusif constituait une menace, non seulement pour l’honneur du soldat, mais aussi pour la réputation de son souverain et de sa nation. Cependant, la pression sur les officiers français augmente lorsque le manque de commandants de troupes suite aux défaites de l’automne se concrétise. L’échappée des trois célèbres généraux, Auguste Ducrot, Eugène Barral et Albert Cambriels, révèle de manière remarquable, comment un dilemme moral a pu ouvrir un dialogue transnational, rapprochant des ennemis qui partagent les mêmes valeurs.