Pourquoi fouiller les cimetières du xixe siècle ? L’exemple du site des Crottes à Marseille

Les cimetières communaux français du XIXe siècle, dont beaucoup sont patrimonialisés puisqu’encore en activité aujourd’hui, sont bien connus des historiens, historiens de l’art, sociologues, urbanistes, touristes… La diffusion des concessions perpétuelles dans le courant du XIXe siècle, matérialisée...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
Auteur principal: Richier, Anne
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue d’histoire du XIXe siècle 2019
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Les cimetières communaux français du XIXe siècle, dont beaucoup sont patrimonialisés puisqu’encore en activité aujourd’hui, sont bien connus des historiens, historiens de l’art, sociologues, urbanistes, touristes… La diffusion des concessions perpétuelles dans le courant du XIXe siècle, matérialisées par des tombeaux monumentaux, a cristallisé les mémoires, mais uniquement celles des élites qui avaient les moyens d’acquérir de telles sépultures. De nombreux cimetières, plus modestes ou situés en pleine agglomération du fait de l’expansion des villes, ont été fermés, offrant la possibilité d’investigations archéologiques. Cette archéologie « des temps récents » est toutefois encore marginale en France et pose, en tout cas pour les sites funéraires, des questions de légitimité, d’éthique et de mémoire. L’ancien cimetière des Crottes (1784-1905), situé dans les quartiers nord de Marseille, a bénéficié d’une opération de fouille préventive de grande ampleur entre 2013 et 2014. Elle a livré le plus gros corpus de structures funéraires du XIXe siècle jamais exhumé en France. L’étude du site, mêlant archéologie, histoire et anthropologie biologique, permet de suivre de façon inédite l’évolution des pratiques funéraires et d’une population d’origine modeste dans un large XIXe siècle.