Écrire au philosophe. Expressions de la libido sciendi chez les correspondantes de Victor Cousin

La correspondance de Victor Cousin (1792-1867) conservée à la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne contient les lettres que cent-dix femmes écrivirent au philosophe. Ces documents fournissent une information inédite sur la libido sciendi féminine au XIXe siècle. Plus précisément, ils rense...

Cur síos iomlán

Sábháilte in:
Sonraí bibleagrafaíochta
Foilsithe in:URI:https://journals.openedition.org/rh19,
Príomhchruthaitheoir: Richard, Nathalie
Formáid: Article ou chapitre numérique
Teanga:Français
Foilsithe / Cruthaithe: Revue d’histoire du XIXe siècle 2019
Rochtain ar líne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Cur síos
Achoimre:La correspondance de Victor Cousin (1792-1867) conservée à la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne contient les lettres que cent-dix femmes écrivirent au philosophe. Ces documents fournissent une information inédite sur la libido sciendi féminine au XIXe siècle. Plus précisément, ils renseignent sur un désir de philosophie partagé par des femmes de la bourgeoisie et de l’aristocratie sur lequel l’historiographie est encore très lacunaire. Ces lettres montrent comment ces femmes jouèrent des contraintes inhérentes à leur condition sociale et intellectuelle pour se créer, au sens propre et figuré, un espace à elles, où il était possible de lire, de pratiquer et de discuter de la philosophie. N’ayant pas été formées à l’ordre systématique des programmes de philosophie des lycées publics masculins, elles prirent connaissance de la philosophie cousinienne par leurs lectures, dans les conversations et à travers la presse et elles s‘en créèrent leur propre version, en lien avec leurs préoccupations. Ce faisant, elles entrèrent souvent dans l’œuvre en lisant les travaux que Cousin avait consacrés à des femmes, telles la sœur de Blaise Pascal et des figures aristocratiques du XVIIe siècle, avant d’aborder ses écrits plus théoriques. Cousin lui-même avait bien conscience de l’importance des femmes dans son lectorat et répondait à ses correspondantes, mais il maintenait que l’exercice de la philosophie était réservé aux hommes, ouvrant ainsi parfois sur des malentendus profonds.